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Les
long-lists annonçaient le jumping
en tête des disciplines équestres représentées
aux Jeux Equestres Mondiaux 2002 à Jerez d'après le
nombre de nations engagées: 41 nations pour le jumping suivi
par l'endurance avec 38. Mais, c'est finalement l'endurance qui
a connu la plus forte participation sur ce critère avec 36
nations capables de prendre réellement un départ contre
34 pour le jumping.
Il
y avait 149 cavaliers partants pour l'endurance
et 97 pour le jumping. Peut-on en conclure que l'endurance est en
passe de devenir la première discipline aux Jeux Equestres
Mondiaux ? Une somme d'autres critères comme le nombre de
spectateurs, le nombre d'heures de spectacle etc
devraient
être pris en compte. La Fédération Equestre
Internationale si elle veut vraiment se défendre d'organiser
des Jeux Equestres Mondiaux trop européens serait sans doute
bien inspirée de développer son aide aux pays d'équitation
traditionnelle et l'on pense évidemment aux " nations
du prophète " qui sont intéressées mais
qui ne disposent pas du savoir-faire acquis récemment grâce
à l'excellent travail de nos éleveurs, vétérinaires,
organisateurs et cavaliers.
Les
émiratis ont mis une dizaine d'année pour rivaliser
avec les américains puis avec les européens. Toutes
les nations ne disposent pas des moyens politiques et financiers
des Etats du Golfe et l'on peut regretter l'absence de compétiteurs
des pays du Maghreb, par exemple, pas très éloignés
de Jerez ou de la non concrétisation des engagements des
républiques de l'Asie Centrale.
Le
Comité International Olympique,
parmi ses critères, souhaite que toute nouvelle discipline
puisse être pratiquée sur les cinq continents or il
n'y avait pas d' "africain" en endurance à Jerez.
Il existe bien une " tournée du soleil " pour les
cavaliers de CSO qui leur permet de fréquenter le sud de
la Méditerranée pendant l'hiver quand l'Europe du
Nord est consignée dans les manèges. Il y a peut-être
là des pistes de développement à poursuivre
et ayons aussi la simplicité de reconnaître que la
cavalerie endurante française, depuis la bataille des Pyramides
et Bonaparte, s'est remontée grâce aux apports de sang
arabe et barbe puisé aux sources ou, récemment, en
Russie (Persik !).
En
ces temps de mondialisation , lorsqu'on est "Champion
du Monde" et que l'on veut rester acteur de la résurgence
de l'équitation hors stade, il y a comme un devoir d'échange
voire de restitution. La Princesse Haya de Jordanie commentant le
succès du jeune Ahmed (" la valeur n'attend pas le nombre
des années.. " El Cid ) a prédit lors de sa conférence
de presse à Jerez : " la victoire aura un gros impact
dans le monde arabe et asiatique " et elle a aussi accusé
la Fédération Equestre Internationale (FEI) de ne
pas promouvoir la discipline :" La FEI n'en fait pas beaucoup
pour répandre l'équitation en d'autres parties du
monde. " a-t-elle dit. " Ils la voient toujours comme
un circuit européen, ce qui est très mauvais."
L'Equitation fait partie de l'héritage et de la culture arabe
et la FEI doit développer et encourager le sport dans ces
pays. " . Cheikh Mohammed de retour à Dubaï faisait
remarquer que Jerez, " perle " en arabe, était
la dernière forteresse arabe a avoir résisté
à la " reconquista "
la géopolitique
est une réalité même dans le sport et Dona Pilar
de Borbon , sur du roi d'Espagne, y est certainement sensible.
On a beau être princesse, on n'en est pas moins femme et capable
de comprendre quelles émancipations le sport permet.
La
FEI a d'abord un rôle de régulation
: dès sa création elle a dû corriger des erreurs
comme celles commises lors des Jeux Olympiques d'Anvers en 1920
dans ce qui ressemblait à une succession de marathons équestres
(raid de trois heures et demie sur une distance de 50km, 45 km de
routes et sentiers, 5km en terrain varié avec 18 obstacles
naturels fixes allant jusqu'à 1,15 m de hauteur, suivi ,
avec des intervalles d' un jour de repos, d'abord d'un galop sur
route de 20km à couvrir en 60mn et enfin par un galop sur
un champ de course de 4 000m à effectuer à raison
de 550m/mn) et imposé en 1924 à Paris une épreuve
pluridisciplinaire avec pour la première fois un rectangle
de 20x60 et diverses barres d'obstacles qui ont fait évoluer
une épreuve militaire vers le spectacle civil avec les trois
disciplines olympiques actuelles.
Elle
va devoir reprendre son ouvrage.
En 2002, le Comité International Olympique préconise
la remise en cause du Concours Complet pour les Jeux Olympiques
de Pékin, 2008. La négociation qui va s'en suivre
à Mexico peut être l'occasion de négocier aussi
en faveur du retour de l'endurance. Il est bien évident que
des efforts " diplomatiques " devront être accomplis
pour escompter quelque chance de succès. La France qui a
remporté 7 médailles à Jerez plus celles du
TREC et initié la présence du horse-ball restera-t-elle
inerte après la " motion de Toulouse".
Les
JEM 2002
ont sans doute été sur le plan sportif un moment de
vérité, des erreurs graves y ont aussi été
révélées. Echanger des chevaux contre des espèces
sonnantes et trébuchantes ne suffit pas à recréer
une culture équestre auprès de cavaliers avides de
parader dans les enceintes internationales mais, avec un peu de
temps, de méthode et d'intelligence il y a certainement des
progrès possibles pour une " équitation durable
" encore mieux répartie sur notre petite planète
et ceci passe par un développement de l'endurance moderne
dans les pays d'équitation traditionnelle.
Inch
Allah !
Hervé
Ménager, Doctorant en Géographie du Sport, INTERMET,
Université Bordeaux 3.
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